MHN 2023 : il est temps que le Canada prenne soin des travailleuses et travailleurs noirs des soins

Le Mois de l’histoire des Noirs est une importante occasion de reconnaître et de célébrer les contributions, les réalisations et les luttes des communautés noires de notre pays. En reconnaissance du rôle vital que les travailleurs et travailleuses noirs ont joué dans les systèmes de soins de ce pays, les syndicats du Canada appellent au travail équitable et décent pour le personnel des soins.

Que ce soit par le travail caché des domestiques noirs de la Nouvelle-Écosse vers le milieu du dix-neuvième siècle, la participation de jeunes travailleuses domestiques noires au programme canadien de recrutement de domestiques antillaises ou ce qu’ont vécu les femmes noires qui ont surmonté une discrimination raciale considérable pour recevoir une formation et travailler en tant qu’infirmières, les travailleuses et travailleurs noirs des soins ont fait partie intégrante de l’histoire des soins au Canada.

« Des travailleuses et travailleurs noirs des soins ont aidé à bâtir ce pays. Elles et ils ont milité et se sont mobilisés en faveur de la justice, aidant à garantir les droits dont tous les travailleurs et travailleuses jouissent actuellement. Aujourd’hui—et tous les jours— nous rendons hommage à leur dur travail en luttant pour la justice et l’équité pour tous les travailleurs et travailleuses noirs des soins », déclare Bea Bruske, présidente du Congrès du travail du Canada.

Le personnel des soins continue d’accomplir le dur travail—rémunéré ou non rémunéré—consistant à fournir des soins à nos familles et à nos collectivités. Ce travail est souvent accompli par des femmes immigrantes et migrantes noires ou racialisées.

Les salaires et les conditions de travail associés aux emplois de soins ne témoignent pas de la vraie valeur du travail accompli : ces emplois sont précaires et comportent de bas salaires. Les femmes qui les occupent travaillent souvent dans des conditions défavorables, dangereuses et inéquitables et ne bénéficient que de peu de protections. Le travail de soins est traditionnellement considéré comme un travail de femmes, et c’est pourquoi il est sous-évalué. Cela perpétue les stéréotypes de genre au sujet de la place des femmes dans la société et des formes de travail qui leur sont attribuées.

« Le volet racial et la sous-évaluation du travail de soins ont de profondes racines, remontant au temps où les personnes d’origine africaine et autochtone étaient vendues, achetées, échangées et héritées dans le système canadien de l’esclave-chose, dont les travailleurs et les communautés noirs et autochtones sentent encore profondément les effets. Les travailleurs et travailleuses noirs ont aidé à bâtir notre pays en prenant soin des autres—d’abord sous la contrainte et actuellement par nécessité—mais leur travail et leurs contributions ne sont pas estimés à leur juste valeur », dit Larry Rousseau, vice-président exécutif du CTC.

Outre les difficultés que comportent les salaires et les conditions de travail injustes, les travailleurs et travailleuses noirs des soins doivent faire face au racisme anti-Noirs, à la violence raciale et à des abus au travail. À défaut de leur accès aux mêmes droits et protections que les autres, ces iniquités persistent.

Le travail de soins est nécessaire au maintien du bien-être de nos familles et collectivités, et au fonctionnement de notre économie. Malgré le caractère indispensable de ce travail, les systèmes de soins du Canada laissent tomber leur personnel et toutes les personnes qui ont besoin de soins. La pandémie a élargi les lacunes de nos systèmes de soins.

Les travailleurs et travailleuses noirs des soins ont aidé à bâtir le Canada et continuent à fournir les soins cruciaux dont nous avons tous besoin et sur lesquels nous comptons. Montrons que cela nous tient à cœur en luttant ensemble pour assurer un travail équitable et décent aux travailleurs et travailleuses noirs des soins et en nous engageant à éliminer les iniquités fondées sur le genre, la race et d’autres facteurs qui sont intimement liées à la sous-évaluation et à la maldistribution du travail de soins. Envoyez une lettre à votre députée ou député fédéral pour l’inciter à investir dans la réparation de nos systèmes de soins publics et joignez-vous à la lutte en vous rendant à l’adresse https://prenonssoin.ca/.

Le COPE/SEPB signe la déclaration de Santiago pour les services publics

À la fin de 2022, plus d’un millier de représentants de plus d’une centaine de pays, issus de mouvements populaires, d’organisations de défense des droits humains et de développement, de mouvements féministes, de syndicats et d’autres organisations de la société civile, se sont réunis à Santiago, au Chili, et virtuellement, afin de discuter du rôle crucial des services publics pour notre avenir.

La commercialisation et la privatisation des services publics et la marchandisation de tous les aspects de la vie ont entraîné des inégalités croissantes et enraciné les disparités de pouvoir, donnant la priorité au profit et à la corruption sur les droits des personnes et le bien-être écologique et social. Cela affecte négativement les travailleurs, les utilisateurs des services et les communautés, les frais et les dommages tombant de manière disproportionnée sur ceux qui ont été historiquement exploités.

« Le COPE/SEPB représente des milliers de travailleuses et travailleurs du secteur public, ainsi la signature de la déclaration allait de soi pour le bien de tous celles et ceux que nous représentons », a expliqué Annette Toth, présidente du COPE/SEPB.

Pour prendre connaissance de la déclaration de Santiago cliquez ici.

Les syndicats du Canada élèvent tout le monde

La session parlementaire vient de se terminer, et les syndicats du Canada profitent de l’occasion pour célébrer les progrès réalisés cette année dans l’intérêt des travailleurs et travailleuses.

En 2022, de nombreux travailleurs et travailleuses et leurs familles ont croulé sous le poids de l’inflation galopante, de factures d’épicerie exorbitantes, de la stagnation des salaires et du relèvement rapide des taux d’intérêt qui a fait augmenter le coût du logement. Mais les syndicats se sont exprimés d’une voix forte pour rectifier la stratégie de la Banque du Canada consistant à s’obstiner à tenter de juguler l’inflation en haussant les taux d’intérêt, aux dépens des travailleurs et travailleuses. 

« Les syndicats du Canada travaillent d’arrache-pied pour prévenir une récession fabriquée de toutes pièces par la Banque du Canada. Il serait dévastateur de mettre des centaines de milliers de personnes en chômage », déclare Bea Bruske, présidente du Congrès du travail du Canada. 

Les syndicats ont incité le gouvernement fédéral à tendre une perche aux familles en difficulté. La collaboration entre le NPD et le gouvernement libéral a permis de réaliser des progrès appréciables, y compris un programme de soins dentaires pour les enfants de familles à faible revenu et une subvention au loyer de 500 $ pour les locataires à faible revenu. Le remboursement de TPS a été doublé, ce qui a soulagé de nombreux Canadiens et Canadiennes. Les syndicats continueront d’appeler à une réforme de l’AE qui est plus importante que jamais au moment où le Canada se trouve au bord d’une récession. 

« La collaboration entre les parlementaires des différents partis est la clé des progrès », dit madame Bruske. Elle ajoute que les syndicats du Canada feront des pressions en vue d’un accroissement de la coopération pour relever les défis pressants qui nous attendent.  

Les syndicats ont en outre mené la lutte contre la cupidité des entreprises. « Quand les PDG des épiceries trinquent avec leurs actionnaires pour célébrer des profits faramineux alors qu’une famille sur cinq saute des repas pour joindre les deux bouts, il y a quelque chose qui cloche », ajoute madame Bruske. « Nous espérons voir des progrès à cet égard dans les plus brefs délais. L’enquête du Comité de l’agriculture sur les profits des épiceries est un bon premier pas et nous l’accueillons, mais il reste encore beaucoup à faire. »

L’abordabilité n’est pas la seule question dont la population canadienne se préoccupe. Cette année, dans le sillage d’une crise des soins de santé, les syndicats ont aidé à obtenir deux milliards de dollars de fonds supplémentaires pour les soins de santé afin d’aider les gens à accéder aux soins de santé dont ils ont besoin. Cependant, ces fonds ne répondent qu’à la partie émergée de l’iceberg des besoins de notre système de santé.

« Les salles d’urgence débordent d’enfants. Les gens attendent parfois une décennie avant de trouver un médecin de famille. Le personnel de la santé est débordé, sous-payé et épuisé. Nos gouvernements fédéral et provinciaux doivent prendre des mesures d’urgence pour épauler le personnel et voir à ce que toutes les personnes vivant au Canada aient accès aux soins de santé publics de qualité dont elles ont besoin », affirme madame Bruske.

Les personnes fournissant des services de garde d’enfants, leurs syndicats et les personnes qui militent en leur faveur dans tout le pays ont remporté une importante victoire quand le gouvernement fédéral a conclu des ententes sur des programmes de garderies à 10 $ par jour avec toutes les provinces. Madame Bruske a déclaré que « les services de garde à prix abordable aident les parents à avoir un travail rémunéré et à subvenir aux besoins de leur famille et ils donnent aux enfants l’occasion d’apprendre et de grandir dans un milieu favorable ». Il reste à voir à ce que les services de garde soient accessibles et à ce que les personnes qui les fournissent aient de bonnes conditions de travail.

« Nous avons réalisé des progrès, mais nous ne devons pas perdre de vue le prochain grand défi à relever, soit la crise climatique qui continue à menacer les gens au Canada et dans le monde entier », déclare madame Bruske, qui a applaudi à l’investissement de 250 millions de dollars du gouvernement fédéral dans le Centre de formation pour les emplois durables et le Programme pour la formation et l’innovation en milieu syndical. « Nous nous attendons maintenant à ce que les travailleurs et travailleuses aient leur mot à dire et à ce que des investissements significatifs soient effectués dans des emplois durables qui aideront le Canada à atteindre ses cibles climatiques », ajoute-t-elle. 

Par ailleurs, d’importantes victoires ont été remportées en matière de droits des travailleurs et travailleuses en 2022. Doug Ford, premier ministre de l’Ontario, a tenté de priver le personnel de l’éducation à bas salaires de son droit de grève garanti par la Charte et de lui imposer une convention collective. Il a été obligé de faire marche arrière et de reprendre les négociations grâce à la force et à l’unité du mouvement syndical de l’ensemble du Canada.  

Les syndicats ont fait avancer à grands pas la législation axée sur les travailleurs et travailleuses. Le projet de loi C-228, qui protégera les pensions durement gagnées en cas de faillite de l’employeur, a été adopté par la Chambre des communes. Nous incitons les sénateurs et sénatrices à ne pas tarder à l’entériner. De plus, le gouvernement fédéral a annoncé une loi anti-briseurs de grève, qui contribuera grandement à rétablir l’équité à la table de négociation. L’année prochaine, nous aurons pour important but de nous assurer que les deux lois soient rapidement mises en vigueur.

« Les syndicats du Canada sont un puissant facteur du bien commun. Ils défendent les travailleurs et travailleuses et militent en faveur de services publics forts, de l’éducation et des soins de santé pour tous », dit madame Bruske. « Nous avons à peine commencé. Cette année, nous avons prouvé que notre mouvement syndical est plus fort que jamais. Nous sommes prêts à faire ce qu’il faut pour faire passer les travailleurs et travailleuses avant tout et réprimer la cupidité des entreprises et l’injustice en 2023 et par après. » 

Le COPE-SEPB est solidaire avec les travailleuses et travailleurs de l’éducation de l’Ontario

En Ontario, le premier ministre Ford et son Parti conservateur imposent aux travailleuses et travailleurs de l’éducation des contrats injustes imposant de fortes compressions salariales et, pour aggraver les choses, il veut les faire taire en disant qu’elles et ils n’ont pas le droit de s’opposer à sa loi abusive. C’est une gifle au visage des personnes qui sont restées sur la ligne de front durant la pandémie et qui, comme nous toutes et tous, subissent la hausse des prix et l’inflation galopante.

Cette odieuse mesure législative accable d’amendes salées les travailleuses et travailleurs qui osent la défier. Doug Ford sait que sa loi contreviendra aux droits et libertés que confère la Constitution canadienne. Elle contourne par anticipation la Charte canadienne des droits et libertés et le Code des droits de la personne, laissant les travailleuses et travailleurs sans recours pour s’opposer à la Loi devant la Commission du travail ou un tribunal.

La Loi 28 instaure un précédent historique pour les pires raisons. Elle s’en prend aux travailleuses et travailleurs ainsi qu’aux principes mêmes de la démocratie et aux idéologies dont dépend une société civile et démocratique. En invoquant la disposition de dérogation, Doug Ford et le Parti conservateur empêchent les personnes qu’ils écrasent déjà de montrer pleinement leur opposition; ils veulent piétiner une partie de nos droits les plus fondamentaux.

Le vendredi 4 novembre, ces braves travailleuses et travailleurs ne rentreront pas travailler et défendront leurs droits, et nos droits collectifs du même coup. Nous devons soutenir les membres du CUPE-OSBCU et rester à leurs côtés dans cette lutte.

Il y a plusieurs manières de soutenir ces travailleuses et travailleurs qui prennent position avec courage.

Nous encourageons les membres du COPE-SEPB à afficher leur appui aux travailleuses et travailleurs de l’éducation de l’Ontario sur cette page : https://cupe.on.ca/fr/merci-infiniment-pour-votre-soutien/.

Pour les membres de l’Ontario ou les personnes de passage :

Vous trouverez les lignes de piquetage en utilisant le localisateur de lignes de piquetage du SCFP : https://cupe.on.ca/fr/merci-infiniment-pour-votre-soutien/. Vous pouvez aussi envoyer un courriel à Doug Ford à partir du gabarit fourni sur la page. Si vous vivez près du bureau d’un député du NPD, merci d’envisager de vous rendre à un bureau PC pour piqueter; le NPD a affirmé sa solidarité envers les travailleuses et travailleurs de l’éducation et nous les en remercions.

À l’aide de l’outil en ligne de l’OFL, vous pouvez facilement envoyer un courriel à votre député lui faisant part de votre opposition à cette mesure législative draconienne et exprimant votre solidarité avec les travailleuses et travailleurs de l’éducation : https://ofl.ca/action/email-hands-off/.

Le COPE-SEPB est solidaire avec les travailleuses et travailleurs de l’éducation et tous les milieux de travail qui subissent cette attaque inédite contre les droits de la personne et les droits dans le domaine du travail. Il faut se serrer les coudes et répliquer. Si l’histoire nous a appris quelque chose, l’adage est encore d’actualité – unis, jamais nous ne serons vaincus!

Les syndicats du Canada expriment leur solidarité et exigent une intervention sur les droits liés à la procréation

Bea Bruske, présidente du Congrès du travail du Canada, a publié la déclaration suivante :

« Aujourd’hui, la Cour suprême des États-Unis a rendu un jugement dévastateur infirmant la décision faisant date rendue il y a 50 ans dans l’affaire Roe c. Wade. Le jugement invalidant le droit constitutionnel d’accéder à des soins d’avortement sécurisés et légaux compromet les droits liés à la procréation de millions d’Étasuniens.

« Les syndicats du Canada réagissent au jugement en manifestant une profonde inquiétude et un engagement renouvelé à redoubler d’efforts pour assurer un accès équitable aux soins d’avortement et aux services de santé liés à la procréation dans l’ensemble de notre pays.

« L’accès à l’avortement sécurisé et légal est un droit fondamental de la personne qui doit être garanti à toute personne et ne devrait pas être un privilège associé à la couleur de votre peau, à votre lieu de résidence ou à vos moyens financiers. Il est injuste de priver les gens de leurs soins de santé et droits en matière de procréation, et cela nuira inévitablement le plus aux communautés pauvres et racialisées.

« L’interdiction de l’avortement ne met pas fin à l’avortement. Ils ne le rendent que plus difficile d’accès et plus dangereux, particulièrement pour les communautés déjà marginalisées. L’Organisation mondiale de la santé estime que 25 millions d’avortements non sécurisés ont lieu chaque année et constate que le manque d’accès à des soins d’avortement sécurisés et respectueux en temps opportun est un problème majeur de santé publique et une des principales causes de décès maternels et de morbidités dans le monde entier.

« Bien que l’avortement soit décriminalisé au Canada, il y a encore des obstacles à l’accès à ce service de santé essentiel. Ces obstacles comprennent le manque d’accès à une information exacte, les frais de déplacement et autres à engager pour accéder aux soins, les temps d’attente et les limites d’âge gestationnel. Ils affectent démesurément les populations à faible revenu, jeunes, nouvellement arrivées et racialisées et les personnes en situation de handicap et vivant dans des communautés rurales et isolées.

« Les mouvements anti-avortement, les assauts sur les communautés 2SLGBTQI et la flambée d’extrême droite sont bien financés et sans frontières. Nous devons demeurer vigilants dans la défense des droits de tous.

« Bien qu’il reste beaucoup de travail à accomplir ici au Canada, nous demeurons solidaires de toutes les personnes qui continuent de promouvoir et de défendre l’autonomie corporelle et la justice en matière de genre aux États-Unis et dans le monde entier. »

Pour obtenir plus d’information au sujet de la santé et des droits sexuels et reproductifs au Canada, veuillez communiquer avec :
Coalition pour le droit à l’avortement au Canada : https://www.arcc-cdac.ca/?lang=fr
Action Canada pour la santé et les droits sexuels : https://www.actioncanadashr.org/fr

Congrès 2022: joignez-vous à nous à Vancouver du 2 au 4 juin

Notre congrès triennal se déroule du 2 au 4 juin 2022 à Vancouver, en Colombie-Britannique, à l’hôtel Westin Bayshore, près du magnifique parc Stanley. Le congrès sera précédé d’un caucus sur l’équité le 1er juin.

Le thème de notre congrès est « L’équité d’abord ». Au cours de ce mandat, notre exécutif national et le Conseil canadien de l’équité se sont concentrés sur la façon d’impliquer et d’inclure de manière plus significative les membres des groupes en quête d’équité parmi nos membres.

D’importants changements constitutionnels sont proposés pour s’assurer que les voix des groupes en quête d’équité soient incluses dans notre syndicat national aux plus hauts niveaux. Des résolutions seront également présentées sur la façon dont le syndicat national peut aider les sections locales et les conseils dans leurs efforts d’équité au niveau local.

Le congrès est le niveau décisionnel le plus élevé de notre syndicat national. Il élit et établit l’orientation de l’exécutif national pour les trois prochaines années.

Consultez notre page du Congrès 2022 vous y trouverez tous les documents et informations pertinents en lien avec le congrès.

Harcèlement et violence répandus au travail selon une enquête nationale

Le CTC et ses partenaires de recherche présentent les premiers résultats d’une enquête nationale sur le harcèlement et la violence au travail.

Depuis des années, les travailleuses et travailleurs et leurs défenseurs attirent l’attention sur la question courante et répandue du harcèlement et de la violence au travail. Toutefois, en raison de l’absence de données spécifiques au Canada, il est difficile de connaître l’ampleur et la nature du problème.

Pour y remédier, le CTC et des chercheuses de l’Université Western et de l’Université de Toronto ont lancé en 2020 la première enquête nationale sur le harcèlement et la violence au travail. Les résultats de l’enquête fournis par les réponses des quelque 5 000 participantes et participants donneront une idée plus précise de la façon dont les travailleuses et travailleurs subissent le harcèlement et la violence. Le rapport initial, intitulé « Le harcèlement et la violence dans les milieux de travail au Canada : cela [ne] fait [pas] partie de la description de tâche », a été publié aujourd’hui.

Les résultats de ce rapport sont troublants :

  • 7 travailleuses et travailleurs sur 10 ont subi une forme de harcèlement et de violence au travail.
  • Près de 1 travailleuse ou travailleur sur 2 a subi un comportement de harcèlement et de violence sexuels au cours des deux dernières années.
  • Les femmes, les travailleuses et travailleurs trans, non binaires et ayant une identité de genre différente sont soumis à des taux plus élevés de harcèlement et de violence.
  • Les répondantes et les répondants autochtones ont subi des taux de harcèlement et de violence (79 %) et de harcèlement et de violence sexuels (47,8 %) nettement plus élevés.
  • Les travailleuses et travailleurs ayant un handicap ont subi des taux de harcèlement et de violence nettement plus élevés.
  • Des tierces personnes (comme des clients et patients) et des collègues étaient les auteurs les plus fréquemment signalés.
  • 70 % des travailleuses et travailleurs qui ont subi du harcèlement et de la violence ont dû manquer du travail en raison des effets négatifs.
  • 88 % des travailleuses et travailleurs qui ont subi du harcèlement et de violence ont été « mutés, suspendus ou renvoyés ou ont perdu un ou des quarts de travail » à cause du harcèlement et de la violence.
  • 1 personne sur 4 a indiqué que le fait d’avoir fait un signalement a aggravé la situation.

« Le rapport porte un regard important et sombre de l’état actuel du harcèlement et de la violence dans les milieux de travail canadiens », déclare Bea Bruske, présidente du Congrès du travail du Canada (CTC). « C’est un signal d’alarme et l’occasion de réévaluer ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Les résultats fournissent une ferme assise factuelle afin de déterminer les mesures que nous devons prendre. »

Les résultats de l’enquête nous indiquent que les travailleuses et travailleurs ne subissent pas le harcèlement et la violence de la même manière. Les travailleuses et travailleurs autochtones, racialisés, ayant un handicap et de la communauté 2ELGBTQQIA+ subissent des formes différentes et des taux plus élevés de harcèlement et de violence.

L’enquête a également révélé que le taux de violence exercée par des tierces personnes, comme des clients ou patients, est extrêmement élevé, ce qui signifie que nous devons prendre davantage de mesures pour protéger nos membres qui travaillent avec des tierces personnes. Cette importante constatation aidera les syndicats à créer des stratégies de prévention ciblées pour assurer la sécurité des travailleuses et travailleurs.

« Nous savons qu’il n’existe pas de solution universelle et nous sommes prêts à nous atteler à la tâche pour lutter contre le harcèlement et la violence sous toutes ses formes », déclare Madame Bruske. « Nous sommes particulièrement préoccupés par les résultats portant sur le signalement, qui indiquent que trop peu de travailleuses et travailleurs dénoncent leurs expériences et que ceux qui dénoncent sont souvent insatisfaits de la suite. De toute évidence, les procédures de signalement que nous avons en place actuellement ne fonctionnent pas. »

Le rapport initial aidera à entamer des conversations avec les membres au sujet des changements qu’ils veulent voir de la part de leurs syndicats, de leurs employeurs et de leurs gouvernements. La lutte contre le harcèlement et la violence au travail exigera un engagement de la part des trois parties prenantes. Les syndicats du Canada sont impatients de travailler en étroite collaboration avec les employeurs et les gouvernements pour créer des milieux de travail exempts de harcèlement. Le CTC élabore un plan pluriannuel pour lutter contre le harcèlement et la violence, qui comprendra des programmes éducatifs, des approches en matière de négociation collective et un programme législatif. Les rapports ciblés fourniront des données plus détaillées afin de mieux comprendre les effets du harcèlement et de la violence sur les travailleuses et travailleurs marginalisés. Ces rapports contribueront à l’élaboration et à la mise en œuvre de stratégies indispensables pour assurer la sécurité de tous les travailleurs et travailleuses.

« Nous tenons à remercier tous les travailleurs et travailleuses qui ont répondu à cette enquête d’avoir partagé leurs histoires et leurs expériences. Nous savons que c’est une occasion de créer un changement durable, et que le mouvement syndical ne laissera pas passer cette occasion. Nous sommes prêts à faire ce qu’il faut pour rendre le travail plus sûr pour tous », indique Madame Bruske.

Syndicats du Canada : ne nous réjouissons pas trop tôt des statistiques sur l’emploi

Selon l’Enquête sur la population active publiée aujourd’hui par Statistique Canada, le tableau excessivement rose de la reprise économique que brossent certaines personnes ne résiste pas à un examen plus poussé des statistiques.

Bea Bruske, présidente du Congrès du travail du Canada (CTC) fait remarquer que la réalité de bien des travailleurs et travailleuses n’est pas aussi positive. Certaines personnes, et particulièrement celles qui travaillent dans des secteurs où les salaires sont bas, n’arrivent tout simplement pas à se remettre comme l’ont fait celles qui travaillent dans certains secteurs des services professionnels et d’autres secteurs où les salaires sont élevés. Entre-temps, l’emploi dans les services d’hébergement et de restauration, qui était faible même avant le début de la pandémie, demeure inférieur de 17 % aux niveaux d’avant la pandémie.

« Pendant que l’inflation et la hausse des taux d’intérêt contraignent les budgets familiaux, les salaires n’augmentent tout simplement pas au même rythme et la reprise de l’emploi est inégale. Le salaire horaire moyen n’est que de 3,1 % plus élevé qu’il y a un an, alors que l’inflation a été de 5,1 % », dit madame Bruske. « La réalité est que les statistiques positives sur le nombre des emplois cachent le fait que des centaines de milliers de travailleurs et travailleuses canadiens sont laissés pour compte. »

Madame Bruske réfute par ailleurs le discours de certains membres du milieu des affaires au sujet des pénuries de main-d’œuvre en soulignant que le véritable problème qui se pose dans bien des secteurs est que les salaires sont inéquitables et les conditions de travail inacceptables.

« Dans certains secteurs, comme celui de la santé, il y a de vraies pénuries de
main-d’œuvre qu’il y a lieu de combler, mais il arrive souvent que les pénuries dont on entend parler sont le fait d’employeurs se plaignant de ne plus pouvoir trouver des personnes qui acceptent les salaires des plus bas qu’ils ont l’habitude de verser », précise madame Bruske. « Si les restaurants, les commerces de détail et les autres employeurs à bas salaire rémunéraient mieux leur personnel et offraient de vrais avantages sociaux et des heures de travail prévisibles, ils trouveraient des gens pouvant occuper leurs emplois. »

Madame Bruske ajoute qu’à l’examen des statistiques les plus récentes sur l’emploi, il faut voir au-delà des nombres des niveaux supérieurs pour bien comprendre l’ensemble de la situation. Selon Statistique Canada, le taux de chômage aurait été de 7,4 % le mois dernier s’il avait été tenu compte des personnes qui souhaitaient avoir un emploi mais n’en ont pas cherché.

« De très nombreuses personnes sont découragées de participer au marché du travail actuel parce qu’elles n’arrivent pas à trouver des emplois décents et stables. Nous avons tous hâte de déclarer la pandémie finie, mais le rétablissement de l’économie est un marathon, et non un sprint », conclut madame Bruske. « Un trop grand nombre de travailleurs et travailleuses et de familles ne profitent pas de la reprise économique alors que les gouvernements et les employeurs s’en réjouissent trop tôt. »

Tous les travailleurs méritent dix journées de congé payé

À la veille des réunions des ministres du Travail fédéral, provinciaux et territoriaux, qui seront présidées par le ministre Seamus O’Regan, les syndicats du Canada incitent les dirigeants du Canada à protéger nos communautés contre la COVID-19 et les virus futurs en s’assurant que les travailleurs et travailleuses aient accès à 10 journées de congé de maladie payé dans toutes les compétences canadiennes.

« La protection de la santé publique et la protection des travailleurs et travailleuses vont de pair. Depuis le début de la pandémie, nous avons vu que si les travailleurs et travailleuses ne peuvent pas rester à la maison, nos communautés en paient le prix car les éclosions se multiplient et les résultats pour la santé empirent », dit Bea Bruske, présidente du Congrès du travail du Canada (CTC). « La réalité est que nous savons que les congés de maladie payés sauvent des vies. Nous incitons le ministre du Travail du Canada à collaborer avec les provinces et les territoires pour voir à ce que tous les travailleurs et travailleuses puissent rester à la maison quand ils sont malades grâce à l’accès à 10 journées de congé de maladie payé. »

Bien qu’ils aient accueilli l’adoption d’une loi fédérale, les syndicats du Canada incitent le gouvernement à accélérer la mise en application de cette loi.

« Nous remercions les parlementaires et le gouvernement d’avoir adopté la loi fédérale si rapidement et unanimement. Cependant, la pandémie n’est pas finie et de nouveaux variants apparaissent », déclare madame Bruske. « Il est d’une importance cruciale que le gouvernement mette la loi en application sans tarder afin que les travailleurs et travailleuses sous réglementation fédérale puissent commencer à avoir accès aux journées de congé de maladie le plus tôt possible. »

Madame Bruske ajoute que le droit d’accès aux congés de maladie doit s’assortir de modifications de la culture du lieu de travail afin que les travailleurs et travailleuses se sentent libres de prendre les congés de maladie auxquels ils ont droit. Elle signale que certains des programmes provinciaux actuels ne sont pas pleinement utilisés, particulièrement dans le cas du personnel non syndiqué, en raison des pressions exercées par les employeurs. Cela nuit particulièrement aux personnels des soins, que ce soient les soins de santé, les services de garde d’enfants ou les soins de longue durée.

« Bien des travailleurs et travailleuses syndiqués ont déjà durement gagné l’accès à des congés de maladie payés », précise madame Bruske. « Il faut maintenant voir à ce que les nouveaux programmes de congés de maladie soient prévus pour être utilisés – et à ce que les travailleurs et travailleuses cessent de se sentir obligés de rentrer au travail quand ils sont malades de crainte de perdre leur emploi. »