Les syndicats du Canada expriment leur solidarité et exigent une intervention sur les droits liés à la procréation

Bea Bruske, présidente du Congrès du travail du Canada, a publié la déclaration suivante :

« Aujourd’hui, la Cour suprême des États-Unis a rendu un jugement dévastateur infirmant la décision faisant date rendue il y a 50 ans dans l’affaire Roe c. Wade. Le jugement invalidant le droit constitutionnel d’accéder à des soins d’avortement sécurisés et légaux compromet les droits liés à la procréation de millions d’Étasuniens.

« Les syndicats du Canada réagissent au jugement en manifestant une profonde inquiétude et un engagement renouvelé à redoubler d’efforts pour assurer un accès équitable aux soins d’avortement et aux services de santé liés à la procréation dans l’ensemble de notre pays.

« L’accès à l’avortement sécurisé et légal est un droit fondamental de la personne qui doit être garanti à toute personne et ne devrait pas être un privilège associé à la couleur de votre peau, à votre lieu de résidence ou à vos moyens financiers. Il est injuste de priver les gens de leurs soins de santé et droits en matière de procréation, et cela nuira inévitablement le plus aux communautés pauvres et racialisées.

« L’interdiction de l’avortement ne met pas fin à l’avortement. Ils ne le rendent que plus difficile d’accès et plus dangereux, particulièrement pour les communautés déjà marginalisées. L’Organisation mondiale de la santé estime que 25 millions d’avortements non sécurisés ont lieu chaque année et constate que le manque d’accès à des soins d’avortement sécurisés et respectueux en temps opportun est un problème majeur de santé publique et une des principales causes de décès maternels et de morbidités dans le monde entier.

« Bien que l’avortement soit décriminalisé au Canada, il y a encore des obstacles à l’accès à ce service de santé essentiel. Ces obstacles comprennent le manque d’accès à une information exacte, les frais de déplacement et autres à engager pour accéder aux soins, les temps d’attente et les limites d’âge gestationnel. Ils affectent démesurément les populations à faible revenu, jeunes, nouvellement arrivées et racialisées et les personnes en situation de handicap et vivant dans des communautés rurales et isolées.

« Les mouvements anti-avortement, les assauts sur les communautés 2SLGBTQI et la flambée d’extrême droite sont bien financés et sans frontières. Nous devons demeurer vigilants dans la défense des droits de tous.

« Bien qu’il reste beaucoup de travail à accomplir ici au Canada, nous demeurons solidaires de toutes les personnes qui continuent de promouvoir et de défendre l’autonomie corporelle et la justice en matière de genre aux États-Unis et dans le monde entier. »

Pour obtenir plus d’information au sujet de la santé et des droits sexuels et reproductifs au Canada, veuillez communiquer avec :
Coalition pour le droit à l’avortement au Canada : https://www.arcc-cdac.ca/?lang=fr
Action Canada pour la santé et les droits sexuels : https://www.actioncanadashr.org/fr

Congrès 2022: joignez-vous à nous à Vancouver du 2 au 4 juin

Notre congrès triennal se déroule du 2 au 4 juin 2022 à Vancouver, en Colombie-Britannique, à l’hôtel Westin Bayshore, près du magnifique parc Stanley. Le congrès sera précédé d’un caucus sur l’équité le 1er juin.

Le thème de notre congrès est « L’équité d’abord ». Au cours de ce mandat, notre exécutif national et le Conseil canadien de l’équité se sont concentrés sur la façon d’impliquer et d’inclure de manière plus significative les membres des groupes en quête d’équité parmi nos membres.

D’importants changements constitutionnels sont proposés pour s’assurer que les voix des groupes en quête d’équité soient incluses dans notre syndicat national aux plus hauts niveaux. Des résolutions seront également présentées sur la façon dont le syndicat national peut aider les sections locales et les conseils dans leurs efforts d’équité au niveau local.

Le congrès est le niveau décisionnel le plus élevé de notre syndicat national. Il élit et établit l’orientation de l’exécutif national pour les trois prochaines années.

Consultez notre page du Congrès 2022 vous y trouverez tous les documents et informations pertinents en lien avec le congrès.

Harcèlement et violence répandus au travail selon une enquête nationale

Le CTC et ses partenaires de recherche présentent les premiers résultats d’une enquête nationale sur le harcèlement et la violence au travail.

Depuis des années, les travailleuses et travailleurs et leurs défenseurs attirent l’attention sur la question courante et répandue du harcèlement et de la violence au travail. Toutefois, en raison de l’absence de données spécifiques au Canada, il est difficile de connaître l’ampleur et la nature du problème.

Pour y remédier, le CTC et des chercheuses de l’Université Western et de l’Université de Toronto ont lancé en 2020 la première enquête nationale sur le harcèlement et la violence au travail. Les résultats de l’enquête fournis par les réponses des quelque 5 000 participantes et participants donneront une idée plus précise de la façon dont les travailleuses et travailleurs subissent le harcèlement et la violence. Le rapport initial, intitulé « Le harcèlement et la violence dans les milieux de travail au Canada : cela [ne] fait [pas] partie de la description de tâche », a été publié aujourd’hui.

Les résultats de ce rapport sont troublants :

  • 7 travailleuses et travailleurs sur 10 ont subi une forme de harcèlement et de violence au travail.
  • Près de 1 travailleuse ou travailleur sur 2 a subi un comportement de harcèlement et de violence sexuels au cours des deux dernières années.
  • Les femmes, les travailleuses et travailleurs trans, non binaires et ayant une identité de genre différente sont soumis à des taux plus élevés de harcèlement et de violence.
  • Les répondantes et les répondants autochtones ont subi des taux de harcèlement et de violence (79 %) et de harcèlement et de violence sexuels (47,8 %) nettement plus élevés.
  • Les travailleuses et travailleurs ayant un handicap ont subi des taux de harcèlement et de violence nettement plus élevés.
  • Des tierces personnes (comme des clients et patients) et des collègues étaient les auteurs les plus fréquemment signalés.
  • 70 % des travailleuses et travailleurs qui ont subi du harcèlement et de la violence ont dû manquer du travail en raison des effets négatifs.
  • 88 % des travailleuses et travailleurs qui ont subi du harcèlement et de violence ont été « mutés, suspendus ou renvoyés ou ont perdu un ou des quarts de travail » à cause du harcèlement et de la violence.
  • 1 personne sur 4 a indiqué que le fait d’avoir fait un signalement a aggravé la situation.

« Le rapport porte un regard important et sombre de l’état actuel du harcèlement et de la violence dans les milieux de travail canadiens », déclare Bea Bruske, présidente du Congrès du travail du Canada (CTC). « C’est un signal d’alarme et l’occasion de réévaluer ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Les résultats fournissent une ferme assise factuelle afin de déterminer les mesures que nous devons prendre. »

Les résultats de l’enquête nous indiquent que les travailleuses et travailleurs ne subissent pas le harcèlement et la violence de la même manière. Les travailleuses et travailleurs autochtones, racialisés, ayant un handicap et de la communauté 2ELGBTQQIA+ subissent des formes différentes et des taux plus élevés de harcèlement et de violence.

L’enquête a également révélé que le taux de violence exercée par des tierces personnes, comme des clients ou patients, est extrêmement élevé, ce qui signifie que nous devons prendre davantage de mesures pour protéger nos membres qui travaillent avec des tierces personnes. Cette importante constatation aidera les syndicats à créer des stratégies de prévention ciblées pour assurer la sécurité des travailleuses et travailleurs.

« Nous savons qu’il n’existe pas de solution universelle et nous sommes prêts à nous atteler à la tâche pour lutter contre le harcèlement et la violence sous toutes ses formes », déclare Madame Bruske. « Nous sommes particulièrement préoccupés par les résultats portant sur le signalement, qui indiquent que trop peu de travailleuses et travailleurs dénoncent leurs expériences et que ceux qui dénoncent sont souvent insatisfaits de la suite. De toute évidence, les procédures de signalement que nous avons en place actuellement ne fonctionnent pas. »

Le rapport initial aidera à entamer des conversations avec les membres au sujet des changements qu’ils veulent voir de la part de leurs syndicats, de leurs employeurs et de leurs gouvernements. La lutte contre le harcèlement et la violence au travail exigera un engagement de la part des trois parties prenantes. Les syndicats du Canada sont impatients de travailler en étroite collaboration avec les employeurs et les gouvernements pour créer des milieux de travail exempts de harcèlement. Le CTC élabore un plan pluriannuel pour lutter contre le harcèlement et la violence, qui comprendra des programmes éducatifs, des approches en matière de négociation collective et un programme législatif. Les rapports ciblés fourniront des données plus détaillées afin de mieux comprendre les effets du harcèlement et de la violence sur les travailleuses et travailleurs marginalisés. Ces rapports contribueront à l’élaboration et à la mise en œuvre de stratégies indispensables pour assurer la sécurité de tous les travailleurs et travailleuses.

« Nous tenons à remercier tous les travailleurs et travailleuses qui ont répondu à cette enquête d’avoir partagé leurs histoires et leurs expériences. Nous savons que c’est une occasion de créer un changement durable, et que le mouvement syndical ne laissera pas passer cette occasion. Nous sommes prêts à faire ce qu’il faut pour rendre le travail plus sûr pour tous », indique Madame Bruske.

Syndicats du Canada : ne nous réjouissons pas trop tôt des statistiques sur l’emploi

Selon l’Enquête sur la population active publiée aujourd’hui par Statistique Canada, le tableau excessivement rose de la reprise économique que brossent certaines personnes ne résiste pas à un examen plus poussé des statistiques.

Bea Bruske, présidente du Congrès du travail du Canada (CTC) fait remarquer que la réalité de bien des travailleurs et travailleuses n’est pas aussi positive. Certaines personnes, et particulièrement celles qui travaillent dans des secteurs où les salaires sont bas, n’arrivent tout simplement pas à se remettre comme l’ont fait celles qui travaillent dans certains secteurs des services professionnels et d’autres secteurs où les salaires sont élevés. Entre-temps, l’emploi dans les services d’hébergement et de restauration, qui était faible même avant le début de la pandémie, demeure inférieur de 17 % aux niveaux d’avant la pandémie.

« Pendant que l’inflation et la hausse des taux d’intérêt contraignent les budgets familiaux, les salaires n’augmentent tout simplement pas au même rythme et la reprise de l’emploi est inégale. Le salaire horaire moyen n’est que de 3,1 % plus élevé qu’il y a un an, alors que l’inflation a été de 5,1 % », dit madame Bruske. « La réalité est que les statistiques positives sur le nombre des emplois cachent le fait que des centaines de milliers de travailleurs et travailleuses canadiens sont laissés pour compte. »

Madame Bruske réfute par ailleurs le discours de certains membres du milieu des affaires au sujet des pénuries de main-d’œuvre en soulignant que le véritable problème qui se pose dans bien des secteurs est que les salaires sont inéquitables et les conditions de travail inacceptables.

« Dans certains secteurs, comme celui de la santé, il y a de vraies pénuries de
main-d’œuvre qu’il y a lieu de combler, mais il arrive souvent que les pénuries dont on entend parler sont le fait d’employeurs se plaignant de ne plus pouvoir trouver des personnes qui acceptent les salaires des plus bas qu’ils ont l’habitude de verser », précise madame Bruske. « Si les restaurants, les commerces de détail et les autres employeurs à bas salaire rémunéraient mieux leur personnel et offraient de vrais avantages sociaux et des heures de travail prévisibles, ils trouveraient des gens pouvant occuper leurs emplois. »

Madame Bruske ajoute qu’à l’examen des statistiques les plus récentes sur l’emploi, il faut voir au-delà des nombres des niveaux supérieurs pour bien comprendre l’ensemble de la situation. Selon Statistique Canada, le taux de chômage aurait été de 7,4 % le mois dernier s’il avait été tenu compte des personnes qui souhaitaient avoir un emploi mais n’en ont pas cherché.

« De très nombreuses personnes sont découragées de participer au marché du travail actuel parce qu’elles n’arrivent pas à trouver des emplois décents et stables. Nous avons tous hâte de déclarer la pandémie finie, mais le rétablissement de l’économie est un marathon, et non un sprint », conclut madame Bruske. « Un trop grand nombre de travailleurs et travailleuses et de familles ne profitent pas de la reprise économique alors que les gouvernements et les employeurs s’en réjouissent trop tôt. »

Tous les travailleurs méritent dix journées de congé payé

À la veille des réunions des ministres du Travail fédéral, provinciaux et territoriaux, qui seront présidées par le ministre Seamus O’Regan, les syndicats du Canada incitent les dirigeants du Canada à protéger nos communautés contre la COVID-19 et les virus futurs en s’assurant que les travailleurs et travailleuses aient accès à 10 journées de congé de maladie payé dans toutes les compétences canadiennes.

« La protection de la santé publique et la protection des travailleurs et travailleuses vont de pair. Depuis le début de la pandémie, nous avons vu que si les travailleurs et travailleuses ne peuvent pas rester à la maison, nos communautés en paient le prix car les éclosions se multiplient et les résultats pour la santé empirent », dit Bea Bruske, présidente du Congrès du travail du Canada (CTC). « La réalité est que nous savons que les congés de maladie payés sauvent des vies. Nous incitons le ministre du Travail du Canada à collaborer avec les provinces et les territoires pour voir à ce que tous les travailleurs et travailleuses puissent rester à la maison quand ils sont malades grâce à l’accès à 10 journées de congé de maladie payé. »

Bien qu’ils aient accueilli l’adoption d’une loi fédérale, les syndicats du Canada incitent le gouvernement à accélérer la mise en application de cette loi.

« Nous remercions les parlementaires et le gouvernement d’avoir adopté la loi fédérale si rapidement et unanimement. Cependant, la pandémie n’est pas finie et de nouveaux variants apparaissent », déclare madame Bruske. « Il est d’une importance cruciale que le gouvernement mette la loi en application sans tarder afin que les travailleurs et travailleuses sous réglementation fédérale puissent commencer à avoir accès aux journées de congé de maladie le plus tôt possible. »

Madame Bruske ajoute que le droit d’accès aux congés de maladie doit s’assortir de modifications de la culture du lieu de travail afin que les travailleurs et travailleuses se sentent libres de prendre les congés de maladie auxquels ils ont droit. Elle signale que certains des programmes provinciaux actuels ne sont pas pleinement utilisés, particulièrement dans le cas du personnel non syndiqué, en raison des pressions exercées par les employeurs. Cela nuit particulièrement aux personnels des soins, que ce soient les soins de santé, les services de garde d’enfants ou les soins de longue durée.

« Bien des travailleurs et travailleuses syndiqués ont déjà durement gagné l’accès à des congés de maladie payés », précise madame Bruske. « Il faut maintenant voir à ce que les nouveaux programmes de congés de maladie soient prévus pour être utilisés – et à ce que les travailleurs et travailleuses cessent de se sentir obligés de rentrer au travail quand ils sont malades de crainte de perdre leur emploi. »