Vous ne devriez pas perdre votre emploi parce que vous faites face à la violence conjugale

Pour marquer le 6 décembre, Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes, les syndicats du Canada incitent le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux et territoriaux à suivre l’exemple du Manitoba en assurant des congés payés aux victimes de violence conjugale.

En mars, le Manitoba a adopté la loi 8 qui modifie ses normes d’emploi de telle sorte que les travailleuses et les travailleurs faisant l’objet de violence conjugale aient droit à cinq journées de congé payé (et à des congés non payés) s’ils doivent s’absenter du travail, que ce soit pour obtenir des soins médicaux ou une aide psychosociale, pour obtenir de l’aide juridique ou des services policiers, pour se réinstaller ou pour obtenir des services d’organisations d’aide aux victimes.

« Les congés de ce genre peuvent sauver des vies », dit Barb Byers, secrétaire-trésorière du CTC. « Une personne qui fuit une relation violente ne devrait pas avoir à craindre de perdre son emploi ou son revenu de base. »

Les congés pour violence conjugale sont bien établis dans les conventions collectives d’Australie et les lois et règlements adoptés par plusieurs gouvernements des États-Unis. L’assemblée législative de l’Ontario étudie actuellement un projet de loi émanant d’un député qui accorderait 10 journées de congé payé aux victimes de violence conjugale ou sexuelle.

Les travaux accomplis dans ce dossier au Canada ont commencé il y a trois années, quand le Congrès du travail du Canada s’est associé à des chercheurs de l’Université Western, en Ontario, pour mener une innovatrice enquête nationale. Celle-ci a révélé que le tiers des travailleuses et travailleurs avaient déjà fait l’objet de violence conjugale et qu’il arrive souvent que la violence suive les gens au travail, compromettant la sécurité et l’emploi.

Depuis, les syndicats de tout le pays s’efforcent de négocier des soutiens pour les victimes de violence conjugale à incorporer aux conventions collectives et de faire modifier la législation pour aider les travailleuses et les travailleurs non syndiqués qui sont des victimes de violence conjugale. Par exemple, en 2012, les syndicats et leurs alliés communautaires ont réussi à convaincre le gouvernement de l’Ontario d’amender sa Loi sur la santé et la sécurité au travail pour qu’elle reconnaisse que la violence conjugale compte parmi les formes de violence en milieu de travail.

Les syndicats incitent d’autres gouvernements à suivre l’exemple de l’Ontario en mettant à jour leur législation sur la santé et la sécurité pour qu’elle reconnaisse les incidences de la violence conjugale sur les milieux de travail et encourage les employeurs à protéger les travailleuses et les travailleurs contre la violence conjugale au travail.

Dans le cadre de ces efforts, le Congrès du travail du Canada communique avec les fédérations provinciales et territoriales du travail pour coordonner leurs travaux, par exemple en rédigeant des lettres conjointes incitant les gouvernements à agir.

En 2017, le Congrès du travail du Canada prendra d’autres mesures pour s’attaquer à la violence conjugale en milieu de travail au Canada et à l’étranger.

Au Canada, le CTC tiendra une série d’ateliers destinés à mettre à la disposition des représentantes et représentants et aux dirigeantes et dirigeants syndicaux des outils qui leur permettront de répondre à la violence conjugale au travail et d’adresser les travailleuses ou les travailleurs aux soutiens appropriés en milieu de travail et dans la communauté.

« Nous nous efforçons de mettre en œuvre une vision selon laquelle des centaines de membres de syndicats des différentes parties du pays s’efforceront d’éliminer la violence conjugale au travail en œuvrant au niveaux individuel et systémique », déclare madame Byers.

Le CTC et ses associés de recherche de l’Université Western ont créé un réseau international sur la violence conjugale au travail qui comprend des syndicats, des employeurs, des gouvernements, des chercheurs, des fournisseurs de services et d’autres experts. Les membres de ce réseau partagent de l’information, relèvent des pratiques exemplaires et appuient les efforts de sensibilisation et d’action relatifs à la violence conjugale au travail dans le monde entier.

Un des principaux objectifs actuels du Réseau est de faire adopter par l’Organisation internationale du Travail (OIT) une convention et une recommandation sur la violence et le harcèlement. Il n’y pas de loi internationale sur les nombreuses formes différentes de violence fondée sur le sexe en milieu de travail, que ce soit le harcèlement sexuel ou psychologique, la violence conjugale au travail, la violence physique ou sexuelle ou l’intimidation.

« L’établissement d’une convention de l’OIT donnerait aux travailleuses et aux travailleurs la possibilité de se défendre contre la violence fondée sur le sexe au travail et transmettrait haut et fort le message que la violence ne fait pas partie intégrante de l’emploi », conclut madame Byers.

Pour obtenir de plus amples renseignements et des ressources, rendez-vous à la Centre de ressources sur la violence conjugale au travail à l’adresse violenceconjugaleautravail.ca.

http://congresdutravail.ca/news/news-archive/vous-ne-devriez-pas-perdre-votre-emploi-parce-que-vous-faites-face-a-la-violence