Une occasion ratée pour M. Ignatieff de se montrer solidaire des familles qui perdent leur emploi

Michael Ignatieff, le nouveau chef de
l’Opposition officielle à Ottawa, a raté une belle occasion de
soutenir concrètement les familles qui perdront leur emploi dans
les semaines et les mois à venir en raison de la récession qui
frappe le Canada, comme ailleurs sur la planète.

En échange de l’appui du Parti libéral fédéral au budget Flaherty
du 27 janvier dernier, M. Ignatieff aurait pu exiger – et obtenir –
un assouplissement des conditions d’admissibilité de
l’assurance-emploi pour permettre aux victimes de perte d’emploi de
toucher des prestations.

Il est indécent que seulement 48 % des
travailleuses et travailleurs qui perdent leur emploi soient
éligibles aux prestations en raison des critères d’admissibilité
trop stricts de l’assurance-emploi. Cet état de fait est d’autant
plus aberrant alors que la caisse d’assurance-emploi a engrangé un
surplus d’environ 58 milliards de dollars, des dollars, faut-il le
rappeler, qui proviennent des travailleuses et travailleurs et des
employeurs.

Depuis plus de dix ans, l’assurance-emploi ne remplit plus sa
mission auprès des travailleuses et des travailleurs qui perdent
leur emploi. Dans les années ’80, 83 % des travailleuses et des
travailleurs qui perdaient leur emploi étaient admissibles à
recevoir des prestations d’assurance-emploi à raison de 60 % de
leur salaire avec un maximum établi par la loi. Aujourd’hui, non
seulement les prestations ont-elles été diminuées à 55 % du
salaire, mais en plus les règles d’admissibilité ont été tellement
resserrées que moins de la moitié des travailleuses et travailleurs
qui perdent leur emploi aujourd’hui peuvent bénéficier de ce revenu
d’appoint pour subvenir à leurs besoins primaires et à ceux de leur
famille.

Mais où sont donc passées vos valeurs libérales et votre compassion
envers vos concitoyens M. Ignatiefff ? C’est un important
rendez-vous que vous avez lamentablement manqué avec celles et ceux
que la récession fauchera sur son chemin.

Serge Cadieux