Un nouveau rapport révèle que l’écart salarial entre hommes et femmes se creuse

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Un nouveau rapport révèle que l’écart
salarial entre hommes et femmes se creuse

OTTAWA – Être une femme sur le marché du
Canada aujourd’hui ne paie pas, selon un nouveau rapport du Congrès
du travail du Canada. En fait, les jeunes travailleuses sont
aujourd’hui plus scolarisées, mais gagnent moins qu’il y a dix ans.

« L’économie canadienne a un problème : elle paie les femmes moins
que les hommes. Elle nous paie moins même lorsque nous avons les
mêmes compétences, sommes aussi scolarisées et travaillons le même
nombre d’heures que les hommes. Nous avons moins d’argent à la fin
de notre vie de travail et sommes moins récompensées lorsque nous
investissons dans des études supérieures ou faisons passer notre
carrière avant notre famille. Tout compte fait, les femmes ne sont
pas encore égales, et loin de là », affirme Barbara Byers,
vice-présidente exécutive du Congrès du travail du Canada.

Selon le rapport, Les femmes dans la population active : encore loin
de l’égalité
, les
femmes qui travaillaient à plein temps à longueur d’année en 2005
ne gagnaient que 70,5 cents pour chaque dollar que gagnaient les
hommes.

Si l’on compare ces chiffres aux 72 cents que
gagnaient les femmes pour chaque dollar que gagnaient les hommes
faisant un travail semblable dans les années 1990, il est clair que
les choses ne se sont pas améliorées. Et ce, en dépit du fait que
plus de femmes ont investi dans des études postsecondaires et ont
attendu d’être établies sur le marché du travail pour avoir des
enfants.

En fait, au cours des dix dernières années, les femmes qui ont un
diplôme postsecondaire ont perdu du terrain. Il y a dix ans, elles
gagnaient 75 cents pour chaque dollar que gagnaient les hommes
ayant les mêmes qualifications. Aujourd’hui, elles ont glissé à 68
cents.

Byers affirme que les jeux sont faits contre les femmes en grande
partie parce que nos milieux de travail, de même que nos politiques
sociales et du travail, ne correspondent pas aux réalités des
femmes.

« On s’attend encore à ce que les femmes assument la plus grande
part des soins à la maison. Nous sommes encore responsables du soin
des enfants, des travaux ménager et, de plus en plus, du soins de
nos parents âgés. Les choix des femmes lorsqu’elles doivent
travailler sont alors limités », ajoute Byers.

De nombreux employeurs exigent de longues heures de leur personnel
à plein temps, n’offrent pas un horaire qui correspond aux besoins
familiaux et pénalisent les employés qui s’absentent
temporairement. Un grand nombre de femmes doivent opter pour des
emplois à temps partiel, précaires et qui paient moins. Elles
doivent payer un prix élevé si elles quittent le marché du travail
pendant un an ou deux, ou décident de travailler de longues heures
et de ne pas avoir d’enfant.

« Nous sommes des participantes à part égale sur le marché du
travail depuis deux générations. Nous devrions être récompensées de
façon égale pour notre travail. Il est temps que les choses
changent », souligne Byers.

Pour provoquer un changement, affirme Byers, le mouvement syndical
lance une campagne de sensibilisation d’un an sur l’écart salarial
et les façons de l’éliminer. Elle explique que le rapport cerne un
certain nombre de changements qui feraient une grande différence,
dont :

  • L’accès à des services de garde d’enfants de qualité et
    abordables
  • Un salaire minimum relevé à au moins 10 $ l’heure
  • Une réforme des normes minimales du travail pour qu’une heure
    de travail à temps partiel procure le même salaire qu’une heure de
    travail à plein temps
  • La modernisation du programme fédéral d’assurance-emploi pour
    que les personnes qui ne font pas un travail traditionnel de neuf à
    cinq, mais qui travaillent autant que les autres, aient droit aux
    prestations
  • Une réforme des pensions pour que les femmes, qui vivent plus
    longtemps que les hommes, ne soient pas récompensées par la
    pauvreté parce quelles se sont absentées du travail pour prendre
    soin de leurs enfants
  • De meilleures lois sur le travail facilitant l’adhésion à un
    syndicat, surtout dans le cas des femmes qui gagnent un faible
    salaire dans le secteur privé des services.

« Si tous les lieux de travail du pays étaient syndiqués, nous
verrions une énorme différence et pourrions éliminer l’écart
salarial. Mais nous savons que cela ne va pas se produire. Ce n’est
pas pour tout le monde. Parlons alors de ce que nous pouvons faire
pour tout le monde, car on ne peut plus continuer de payer les
femmes 70,5 cents pour un travail qui vaut un dollar. Il faut que
ça cesse.

Le Congrès du travail du Canada, voix nationale du mouvement
syndical, représente 3,2 millions de travailleuses et travailleurs
canadiens. Le CTC réunit les syndicats nationaux et internationaux
du Canada, les fédérations provinciales et territoriales du travail
et 136 conseils du travail régionaux. Site web :
www.congresdutravail.ca