Message du CTC à l’occasion de la fête du Travail

Il est temps pour les
travailleurs et les travailleuses de réaffirmer leur pouvoir –
Message de Ken Georgetti, président du Congrès du travail du Canada
à l’occasion de la fête du Travail

OTTAWA – Le Congrès du
travail du Canada célèbre cette année son 50e anniversaire.

En une telle occasion, il est naturel d’éprouver de la fierté à
faire le bilan de ce que nous avons accompli. Et oui, les syndicats
ont fait toute la différence dans la vie des gens!

En deux générations, les syndicats du Congrès du travail du
Canada ont amélioré notre façon de vivre et de travailler.

Les familles canadiennes jouissent de nombreux avantages, qui
ont d’abord été acquis par la négociation de conventions
collectives, un lieu de travail à la fois. Aujourd’hui, ces
avantages font tellement partie de la vie de tout le monde que la
plupart les tiennent pour acquis.

Ainsi, les Canadiens et les Canadiennes bénéficient, entre
autres choses, du Régime de pensions du Canada, du paiement des
heures supplémentaires, du congé annuel payé et du système
universel de soins de santé. En 1956, ces avantages n’étaient qu’un
rêve pour les travailleurs et les travailleuses, à moins d’être
membre d’un syndicat fort.

Il en va de même pour les lois sur la santé et la sécurité au
travail, y compris le droit de refuser du travail dangereux. Les
lois contre le harcèlement et la discrimination, les congés de
maternité et parentaux, les prêts-étudiants et, plus récemment, la
protection contre la faillite ont tous vu le jour grâce à l’action
politique d’un mouvement syndical uni.

Nous avons changé les choses dans notre société et notre pays,
et pour le mieux. La sécurité au travail est accrue. Nos familles
sont en meilleure santé. Nous avons une plus grande sécurité de
revenu. Nous, Canadiens et Canadiennes, jouissons d’une qualité de
vie et d’une égalité citoyenne qui font l’admiration du monde
entier.

Oui, il est temps de célébrer!

Malgré nos réalisations, nous savons qu’il reste beaucoup à
faire. Nous savons aussi qu’une poignée de gens influents et
puissants veulent nous faire reculer. Ils veulent nous enlever ces
avantages qui contribuent à notre qualité de vie. Nous savons
également qu’être syndiqué fait encore une différence dans la vie
des femmes et des hommes qui travaillent à salaire.

Être membre d’un syndicat, cela veut dire un meilleur salaire,
de meilleurs avantages et une meilleure pension. C’est avoir
quelqu’un de notre côté, qui nous appuie et veille à notre
intérêt.

Tous les jours, les syndicats du Congrès du travail du Canada
cherchent à améliorer la qualité de vie de l’ensemble des Canadiens
et des Canadiennes. Disons-le clairement : nos efforts visent à
promouvoir l’égalité, la justice, l’équité et l’égalité des chances
pour tout le monde.

Au Canada, un foyer sur deux compte une personne syndiquée qui
lutte en tant que travailleur ou travailleuse, parent, citoyen ou
citoyenne pour tracer, j’en suis sûr, la voie de ce que seront nos
réalisations lorsque le Congrès du travail du Canada célébrera son
centenaire.

Les travailleurs et les travailleuses ont besoin de services de
garde et d’apprentissage pour leurs jeunes enfants, qui soient de
qualité, universels et abordables. Notre système public de santé
doit être renforcé pour être là quand nous en avons besoin, et doit
être élargi pour nous aider à faire face aux coûts des médicaments
et des soins à domicile. Les femmes, pour leur part, ont besoin
d’une véritable équité salariale.

Il est plus pressant que jamais que les gouvernements prennent
conscience de la nécessité d’accorder à tous les travailleurs et
travailleuses des possibilités de formation continue. Nos élus
doivent écouter ceux et celles à qui ce pays appartient, en
majorité des salariés.

Le Canada a besoin d’une stratégie nationale d’emploi.
L’exportation des emplois a peut-être du sens pour les grandes
multinationales, mais ce n’est pas une façon de diriger un
pays.

Le Canada a aussi besoin de justice et d’équilibre dans les
négociations collectives. Il est temps de modifier nos lois et de
mettre fin à l’embauche de briseurs de grève. Il est temps de dire
à nos élus qu’ils doivent rendre l’embauche de briseurs de grève
illégale. Si vous n’avez jamais communiqué avec votre député, voici
l’occasion de le faire. Demandez-lui d’appuyer le projet de loi
anti-briseurs de grève, et ce, dès cet automne.

Les travailleurs et les travailleuses, qui ont la majorité des
votes aux élections, doivent réaffirmer leur pouvoir citoyen. La
politique de notre pays s’en trouverait améliorée si les enjeux
propres aux familles travailleuses déterminaient leur vote et si
les élections portaient sur le choix du champion de ces enjeux.

Dans cinquante ans, il se peut que certains d’entre nous soient
encore ici pour bénéficier du fruit de nos efforts. Comme c’est le
cas aujourd’hui, ils ne pourront s’imaginer un Canada sans
programmes universels de garde d’enfants, d’assurance-médicaments
et de perfectionnement des compétences et de formation
continue.

Travaillons ensemble au succès des cinquante prochaines
années!