Lutte contre le VIH/SIDA : le mouvement syndical canadien demande des actes concrets, de la cohérence et du leadership

À l’approche du 1er décembre, Journée mondiale du SIDA, les
travailleuses et travailleurs canadiens et leurs syndicats
demandent au gouvernement fédéral de mettre fin à son long silence
sur la question du VIH/SIDA et de s’engager comme il convient pour
lutter contre la maladie, au pays et à l’étranger.

« Nous risquons de perdre du terrain durement
gagné dans notre lutte contre le VIH/SIDA parce que le gouvernement
canadien a déserté au beau milieu de la bataille », affirme Hassan
Yussuff, secrétaire-trésorier du Congrès du travail du Canada.

Le Congrès du travail du Canada ajoute sa voix aux
quatre-vingt-dix organisations qui soutiennent la demande du groupe
mondial militant pour l’accès aux traitements, le Global Treatment
Access Group (GTAG), et prescrit la même ordonnance d’action
gouvernementale canadienne pour mettre fin à la propagation du
VIH/SIDA.

« Les travailleuses et travailleurs canadiens
sont aux premières lignes de la lutte qui vise à prévenir la
propagation de la maladie depuis des années avec leurs syndicats.
Ils font campagne pour protéger les personnes atteintes de la
discrimination et du chômage et pour élaborer des stratégies
d’accessibilité aux traitements médicaux. Nous avons parfois pu
compter sur le gouvernement pour nous accompagner dans nos efforts.
Au cours de la dernière année, toutefois, il s’est retiré si
souvent sur cette question que tout ce que nous avons accompli
risque d’être anéanti. »

L’été dernier, à Toronto, juste avant la 16e Conférence
internationale sur le SIDA, le Congrès du travail du Canada a
accueilli des délégués du mouvement syndical de partout au Canada
et de 36 pays au tout premier forum syndical mondial sur le SIDA.
Ce rassemblement s’appuyait sur une décennie de travail des
syndicats canadiens, au Canada et à l’étranger : nous avons réussi
à développer et à diffuser une expertise pour faire face à la
maladie non seulement dans le milieu de travail et la collectivité,
mais également d’un point de vue de politique publique aux paliers
nationaux et internationaux.

Le Congrès du travail du Canada demande d’agir pour :

  • Faire la promotion de la santé et accorder aux travailleuses et
    travailleurs de la santé canadiens et étrangers la reconnaissance
    qui leur revient – c’est un prérequis essentiel pour améliorer la
    santé des populations et lutter contre la maladie en tant que
    système de santé public, sans but lucratif, et pour former et
    conserver les travailleuses et travailleurs ainsi que les
    professionnels du secteur de la santé.
  • Permettre aux fabricants canadiens de médicaments génériques
    d’exporter des médicaments à des prix abordable et accessible aux
    pays qui en ont besoin – l’espoir soulevé par la modification en
    2004 de notre législation sur les brevets, précisément à cette fin,
    aura été éphémère. Bien que la loi soit entrée en vigueur en mai
    2005, pas un seul comprimé générique n’a quitté le Canada parce que
    cette même loi contient aussi des mesures dissuasives.
  • Respecter les engagements du Canada en matière de SIDA et de
    développement – le Canada n’a pas rempli sa promesse aux Nations
    Unies et au G-8. Le gouvernement fédéral doit trouver l’argent
    nécessaire pour payer sa part du financement dont a besoin le Fonds
    mondial pour le SIDA, la tuberculose et la malaria. Il doit aussi
    pour fournir sa part d’aide au développement pour mettre fin à la
    pauvreté et atteindre les objectifs de développement du millénaire.
    Le Canada devrait aussi utiliser son siège au sein des institutions
    financières internationales (Fonds monétaire international et
    Banque Mondiale) et prêter sa voix aux nations pauvres pour annuler
    la dette des 60 pays les plus affectés par le SIDA et la
    pauvreté.

« Sur la question du VIH/SIDA, les
travailleuses et travailleurs canadiens et leurs syndicats
demandent au gouvernement d’agir, avec cohérence et leadership.
Nous ne voulons pas risquer de gaspiller une décennie d’efforts à
cause d’un manque d’engagement sérieux envers la santé publique, au
Canada et ailleurs dans le monde, envers l’aide au développement
qui combat réellement la pauvreté et envers les lois sur les
brevets qui permettent effectivement aux pays pauvres d’obtenir les
médicaments dont ils ont besoin », de conclure Yussuff.