Les annonces du Premier ministre sur le fractionnement des revenus et la garde d’enfants laisseront de côté la plupart des familles travailleuses

Les annonces du gouvernement fédéral
aujourd’hui sur la Prestation universelle pour la garde d’enfants
et le fractionnement des revenus laisseront de côté la plupart des
familles travailleuses et n’encourageront pas la participation au
marché du travail, dit Hassan Yussuff, président du Congrès du
travail du Canada.

« Ces propositions coûteuses et irresponsables ne tiennent pas
compte de la réalité de la plupart des familles travailleuses
aujourd’hui, affirme M. Yussuff. Le gouvernement devrait mettre les
surplus budgétaires au service de toutes les familles canadiennes,
pas seulement les 14 p. cent les plus riches. »

Le CTC réclame depuis longtemps une stratégie nationale de garde
d’enfants qui permettrait de créer des places en garderie à prix
abordable. Cela aurait pour effet de stimuler la croissance
économique en permettant à davantage de parents, en particulier les
mères, à intégrer le marché du travail, de créer de bons emplois
pour le personnel des services de garde et d’accroître le rendement
des travailleuses et travailleurs qui pourraient se concentrer sur
leur travail, sachant que leurs enfants sont en sécurité et bien
soignés.

« Comment ce plan aide-t-il les parents qui n’arrivent pas à
trouver une place en garderie? Comment cela aidera-t-il les parents
à Toronto et dans d’autres centres urbains qui paient 2 000 $ par
mois par enfant? », se demande M. Yussuff.

« Nous avons besoin d’un programme de services de garde qui crée
des places à prix abordable et qui aide les mères à occuper un
emploi rémunéré pleinement et équitablement, et ce gouvernement
nous propose exactement le contraire », ajoute-t-il.

Les études sur des programmes similaires aux États-Unis et en
Europe indiquent qu’ils diminuent la participation des femmes à la
population active. Par ailleurs, la participation masculine demeure
la même, ce qui entraîne une perte nette pour l’économie en raison
du nombre réduit d’heures travaillées. Les programmes de services
de garde ont l’effet opposé, car ils augmentent la participation au
marché du travail et le nombre total d’heures travaillées.

« En raison du vieillissement de la population, le Canada a besoin
de plus de gens qui travaillent, pas moins, indique M. Yussuff.
Dépenser des milliards de dollars pour décourager les mères de
travailler est rétrograde sur le plan économique », ajoute-t-il.