Journée internationale de la femme 2012

La Journée internationale de la femme est
l’occasion de célébrer les progrès réalisés par les femmes et de
prendre des mesures pour niveler les obstacles à l’accès des femmes
à l’égalité.

Les femmes comptent pour la moitié de la population active du
Canada. Cependant, l’égalité de leurs nombres n’assure pas
l’égalité des conditions entre les hommes et les femmes en milieu
de travail. Les femmes travaillent dur mais gagnent moins que les
hommes, et elles sont plus susceptibles d’occuper des emplois à
temps partiel et précaires comportant moins d’avantages sociaux et
de ne pas participer à des régimes de retraite offerts en milieu de
travail. De plus, les femmes assument encore la part du lion des
responsabilités de prestation de soins et des tâches ménagères.

Les femmes subissent d’énormes pressions en tentant de concilier le
travail et la vie familiale, que ce soit pour ce qui est de prendre
soin d’enfants, de s’occuper de parents âgés, handicapés ou malades
ou de contribuer à leur communauté.

Pourtant, le gouvernement Harper n’a pris
aucune mesure concrète pour alléger les pressions que subissent les
travailleuses et leurs familles.

•Une des premières mesures prises par Stephen Harper après son
arrivée au pouvoir a été de révoquer les ententes conclues avec les
provinces et les territoires sur l’éducation et la garde des jeunes
enfants et d’éliminer l’affectation d’un milliard de dollars à ces
ententes. Il les a remplacées par un paiement mensuel direct aux
parents dont le montant couvre à peine le prix de quelques soirs de
recours à une gardienne. La recherche de services de garde de
qualité à prix abordable impose un écrasant fardeau à de nombreuses
familles, et les services de garde d’enfants constituent le
deuxième objet de dépense des ménages, après le logement.

•Le Canada n’a pas de stratégie nationale sur le logement ni de
plan prévu pour freiner l’augmentation de la pauvreté et de
l’inégalité. Environ le tiers des enfants vivant dans la pauvreté
ont au moins un parent qui travaille à plein temps. Plus de la
moitié des mères de famille monoparentale ayant des enfants de
moins de six ans vivent dans la pauvreté. Elles ont énormément de
difficulté à trouver des services de garde d’enfants appropriés à
un prix abordable et des logements salubres pendant qu’elles
s’efforcent de concilier le travail, l’éducation ou la formation et
le service communautaire.

•Le gouvernement Harper n’a pas pris les mesures nécessaires pour
accroître la sécurité de la retraite des femmes. Plutôt que
d’améliorer le Régime de pensions du Canada, le gouvernement a
décidé de faire la promotion d’un nouveau régime ressemblant aux
REER qui s’appelle le régime de pension agréé collectif et qui
profitera aux banques, aux fonds communs de placement et aux
compagnies d’assurance plus qu’il n’aidera les Canadiennes et les
Canadiens à épargner en vue de leur retraite. Et voici qu’il
projette de modifier l’accès à la Sécurité de la vieillesse, ce qui
ne fera qu’accroître le nombre des femmes âgées vivant dans la
pauvreté.

•De plus, le gouvernement conservateur a mis en péril la sécurité
des femmes en abolissant le registre des armes d’épaule et en
détruisant la base de données connexe. Or, ce registre a contribué
a sauver des vies en réduisant de 69 % le nombre des femmes tuées à
l’aide d’armes à feu, et de nombreux travailleurs et travailleuses
comptaient sur lui pour aider à faire régner la sécurité dans nos
lieux de travail et nos communautés. Et l’absence d’action valable
du gouvernement pour mettre fin à la tragédie nationale que
constituent les meurtres et les disparitions de femmes et de filles
des Premières nations, inuites et métisses a déclenché une enquête
par le Comité des Nations Unies pour l’élimination de la
discrimination à l’égard des femmes.En cette Journée internationale
de la femme, le Congrès du travail du Canada incite le gouvernement
fédéral à aider davantage les femmes à atteindre à l’égalité
économique, sociale et politique au Canada en investissant dans les
services de garde d’enfants, en établissant une stratégie nationale
sur le logement, en bonifiant le Régime de pensions du Canada, en
prenant des mesures valables pour mettre fin à la violence à
l’égard des femmes et en mettant fin à la tragédie nationale que
constituent les meurtres et disparitions de femmes et de filles
autochtones.

En cette Journée internationale de la femme, le mouvement syndical
du Canada continuera de s’efforcer de niveler les obstacles à
l’accès des femmes à l’égalité au travail et dans la société. Il
luttera pour que ses membres aient des contrats de travail
équitables et que les normes du travail soient améliorées dans
l’intérêt de tous les travailleurs et les travailleuses. Il
s’efforcera de faire intégrer aux conventions collectives des
dispositions aidant les femmes à concilier le travail et la vie
familiale, par exemple grâce aux horaires de travail variables, au
partage d’emploi et aux congés pour urgence familiale. Il
s’opposera aux mesures d’austérité et à la compression des services
publics, qui sont une importante source de bons emplois pour les
femmes. Il dénoncera la rapacité des entreprises et militera en
faveur de l’adoption d’une vision claire d’un Canada favorable à
tous.

La chanson Du pain et des roses dit bien ce qui suit : « Par-delà
le tombeau, des femmes innombrables, par le cri de nos voix,
réclamant du pain. Ni beauté ni amour, la corvée fut leur lot !
Luttons pour les roses, pas seulement pour le pain. »

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déclaration de la Journée internationale de la femme