Jour de deuil national pour les travailleuses et travailleurs a une importance supplémentaire dans cette pandémie

Le 28 avril marque le Jour de deuil national pour les travailleuses et travailleurs tués ou blessés au travail. En cette journée, des cérémonies publiques se tiennent traditionnellement à 11 heures à travers le monde afin de rendre hommage à ces travailleuses et travailleurs ainsi qu’à celles et ceux qui souffrent de maladies professionnelles.

Cette année, alors que le monde est confronté à la pandémie de la COVID-19, le Jour de deuil a pris un ton différent. Le 28 avril sera non seulement une occasion pour les travailleuses et travailleurs ainsi que les employeurs de commémorer les personnes décédées, mais il est essentiel pour nous tous d’exprimer notre engagement continu à protéger les travailleuses et travailleurs, prévenir de nouvelles tragédies et d’assurer la santé et la sécurité de tous les milieux de travail.

Personne ne devrait jamais avoir à aller travailler et ne pas pouvoir rentrer chez lui en toute sécurité. En 2018, 1027 travailleurs à travers notre pays ont perdu la vie en raison de leur travail. De nombreux autres décès liés au travail ne sont pas comptabilisés par notre système d’indemnisation des travailleuses et travailleurs. C’est inacceptable, et pourtant, sans action immédiate, ces chiffres augmenteront de façon exponentielle au beau milieu de la crise de la COVID-19.

En temps normal, nous vous aurions encouragé à participer à une cérémonie dans votre région ce 28 avril. Or, cette année, la meilleure chose que nous puissions tous faire est de suivre les directives établies par nos responsables provinciaux de la santé, c’est-à-dire d’éviter toutes sorties non essentielles, de respecter la distanciation physique lorsque vous êtes à l’extérieur de la maison ainsi que de se laver les mains.

Malgré tout, il existe des moyens de marquer le Jour de deuil cette année, notamment en observant un moment de silence à 11 heures ce 28 avril de même qu’en utilisant vos réseaux sociaux pour promouvoir la cause en utilisant les hashtags #JourdeDeuilTravailleurs et #EnrayonsLaPandémieAuTravail.

Nous vous invitons à vous joindre à vos consœurs et confrères membres lors d’un événement dans votre communauté, alors que nous commémorons celles et ceux que nous avons perdus et continuons de militer afin que nul ne soit forcé de risquer des blessures, une maladie ou la mort dans le cadre de son travail. Visitez dayofmourning.bc.ca pour plus d’informations et pour trouver d’autres ressources.

Dans le contexte de la COVID-19, nous tenons particulièrement à souligner l’impérieuse nécessité de veiller à ce que tous les travailleuses et travailleurs, y compris les plus précaires et vulnérables, aient accès à des mesures de protection d’emploi, des congés de maladie payés adéquats ainsi qu’à un soutien du revenu afin de les protéger durant cette crise.

Nous faisons également un travail de sensibilisation quant à l’importance de défendre nos droits fondamentaux au travail, lesquels sont protégés par les lois sur la santé et la sécurité à travers le Canada. Ces droits sont les suivants : le droit de connaître les dangers de notre milieu de travail et de recevoir une formation afin de faire notre travail en toute sécurité, le droit de participer à la prise de décisions qui pourraient affecter notre santé et notre sécurité, ainsi que le droit de refuser un travail qui pourrait mettre en danger notre santé et notre sécurité ou celles des autres.

Veuillez également garder à l’esprit celles et ceux qui effectuent un travail non traditionnel – tels que les travailleuses et travailleurs du sexe – qui, en raison de la stigmatisation qui entoure ce qu’ils font, n’ont que peu, voire pas accès aux protections les plus élémentaires des travailleuses et travailleurs. Les blessures et les décès dont ils sont victimes ne seront probablement reflétés dans aucune statistique officielle, alors qu’ils sont tout aussi importants à retenir que ceux qui surviennent dans un contexte de travail traditionnel.

Ce 28 avril, joignez-vous à nous pour honorer la mémoire de celles et ceux qui ont perdu la vie au travail et pour sensibiliser à la sécurité au travail.

En toute solidarité,

David Black, président national