CTC – Nouvelles directives interdisant la défense de droits et le lobbying

Le nouvelles directives de financement leur interdiront
désormais les femmes d’utiliser les subventions fédérales pour
entreprendre des activités de défense de droits ou de lobbying.

Lors d’une rencontre hier matin avec des organisations de
femmes, Beverley Oda, Ministre responsable de Condition féminine
Canada (CFC), a informé leurs représentantes que de nouvelles
directives de financement leur interdiront désormais d’utiliser des
subventions fédérales pour entreprendre des activités de défense de
droits ou de lobbying. Les femmes ont également appris que le
gouvernement fédéral n’a pas l’intention de renverser les coupures
de 5 millions de dollars apportées au budget du ministère, malgré
l’étendue des pressions en ce sens.

«Le resserrement des règles par la Ministre
entrave sérieusement notre capacité à militer en faveur de
changements systémiques en matière de justice, de questions
juridiques et d’autres sujets qui préoccupent les femmes du
Canada», déclare Alia Hogben, directrice générale du Conseil
canadien des femmes musulmanes.

«L’interdiction d’utiliser des fonds fédéraux
pour des activités de défense de droits ou de lobbying est
antidémocratique – et punitive pour les personnes qui ont le moins
de ressources», ajoute Edeltraud Neal, de l’Association des femmes
diplômées d’université.

La semaine dernière, le gouvernement a annoncé des coupures de
38,5 % au budget de Condition féminine Canada, un geste que les
organisations de femmes considèrent comme une tentative de miner
des initiatives de longue date visant à réaliser l’égalité des
femmes.

«En effet, en l’absence d’une masse critique de
femmes au Parlement et au Cabinet, la défense de droits par les
organisations de femmes s’est avérée un fleuron de la démocratie
canadienne», déclare Madame Neal.

Au fil des ans, les organisations de femmes ont reçu des fonds
fédéraux pour analyser les politiques gouvernementales, élaborer
des propositions qui reflètent les besoins des femmes dans leurs
communautés et militer en faveur de changements.

«Il nous semble clair que ce gouvernement ne
comprend pas la réalité des femmes du Québec et du Canada. La
Ministre Oda ne semble pas saisir qu’il persiste de nombreuses
discriminations systémiques à l’égard des femmes. Ces
discriminations ont été documentées dans un rapport largement
reconnu publié par Statistique Canada en mars 2006», fait remarquer
Michèle Asselin, présidente de la Fédération des femmes du Québec,
la plus vaste organisation de femmes au Québec.

Consternées devant une attitude qu’elles perçoivent comme le
défaut par une Ministre en poste d’appuyer les valeurs qu’elle est
censée défendre, les organisations de femmes ont immédiatement
demandé à rencontrer le Premier ministre Harper. Dans une
déclaration écrite adressée à l’AFAI au cours de la dernière
élection fédérale, le Premier ministre s’était engagé à «appuyer
les droits humains des femmes» et à «prendre des mesures concrètes
et immédiates, tel que recommandé par les Nations Unies, pour
s’assurer que le Canada s’acquitte entièrement de ses engagements
envers les femmes du Canada».

«Les actions que le gouvernement fédéral a
posées récemment ne sont pas cohérentes avec cet engagement»,
ajoute Bonnie Diamond de l’Alliance canadienne féministe pour
l’action internationale. «Nous aimerions que Monsieur Harper
accepte de rendre des comptes aux femmes. »

Des représentantes des organisations suivantes assistaient à la
rencontre d’hier avec la Ministre: le Conseil canadien des femmes
musulmanes, l’Association des femmes diplômées d’université,
L’Alliance des femmes de la francophonie canadienne, l’Alliance
canadienne féministe pour l’action internationale, l’Institut
canadien de recherches sur les femmes, la Fédération des femmes du
Québec, l’Association nationale Femmes et droit, le Conseil
national des femmes du Canada, l’Organisation nationale des femmes
immigrantes et des femmes appartenant à une minorité visible du
Canada et YWCA Canada.

Pour plus d’information, contactez Shelagh Day à l’AFAI /FAFIA
au 613-232-9505, poste 222 ou au 613-292-7941