CTC – Le gouvernement fédéral abandonne les familles travailleuses

Le gouvernement fédéral
abandonne les familles travailleuses. La réduction des dépenses
d’aide à l’emploi et à la formation nous fait reculer

OTTAWA – Le Congrès du
travail du Canada dit que le nouveau gouvernement fédéral a tort
d’abandonner le rôle qui lui revient d’aider les travailleuses et
les travailleurs canadiens à accroître leurs compétences et à
trouver de bons emplois.

« Ses priorités relatives à l’emploi sont mal
placées », dit Ken Georgetti, président du Congrès du travail du
Canada.

« Les employeurs canadiens parlent de pénurie
de main-d’oeuvre qualifiée. Tout le monde convient que
l’investissement dans l’acquisition de compétences est
indispensable pour bâtir une société plus productive et plus
inclusive. Pourtant, le nouveau gouvernement fédéral a décidé de
cesser de financer et d’abandonner les programmes destinés à
accroître les compétences de notre main-d’oeuvre »,
précise-t-il.

Les 2 milliards de dollars de réductions des dépenses et de
soi-disant économies annoncées plus tôt cette semaine comprennent
le financement des programmes d’emploi des jeunes, le début d’un
assaut sur le personnel de la fonction publique, et les soutiens du
développement industriel en ce début de crise majeure du secteur
manufacturier.

Signalant l’Étude économique du Canada la plus récente établie
par l’OCDE, qui met en évidence la forte proportion des adultes à
bas salaire qui manquent de compétences essentielles et qui n’ont
pas accès à une formation, M. Georgetti déclare que la réduction
des dépenses marque un recul.

« L’accroissement des capacités de lecture,
d’écriture et de calcul de ces travailleurs et travailleuses – qui
nécessite un investissement dans les programmes d’éducation
permanente et d’alphabétisation – contribuerait plus à
l’augmentation de la productivité globale et à la réduction de la
pénurie de main-d’oeuvre qualifiée que toute réduction d’impôt dans
le prochain budget », ajoute M. Georgetti.

De plus, celui-ci met en doute le bien-fondé de la décision de
fermer le Centre syndical et patronal du Canada, qui était le seul
organisme dans le cadre duquel le patronat, le mouvement syndical,
le gouvernement fédéral et les provinces cherchaient ensemble des
solutions à apporter à la pénurie de main-d’oeuvre qualifiée qui
freine déjà la croissance économique.

« C’est une approche gouvernementale désuète et
arrogante qui nie complètement les connaissances et les
contributions des véritables parties intéressées », dit M.
Georgetti.

M. Georgetti soutient que les travailleurs et les travailleuses
devraient contester non seulement les réductions annoncées mais
aussi l’absence de consultation préalable. Il annonce que le
mouvement syndical redoublera d’efforts pour empêcher toute
nouvelle dérobade du gouvernement à son obligation d’aider les
travailleurs et les travailleuses ordinaires.

« Nous ne permettrons pas à l’actuel
gouvernement de manquer aux promesses faites pendant la campagne
électorale la plus récente au sujet de l’amélioration de la vie des
familles travailleuses canadiennes », affirme-t-il.