CTC – Il faut faire face à la réalité: Se donner une stratégie sur l’emploi

VANCOUVER – Deux nouveaux rapports incitent le Congrès du
travail du Canada à renouveler son appel à l’établissement d’une
stratégie nationale sur l’emploi qui servirait les travailleurs et
travailleuses, les familles, les communautés et le pays.

Le Rapport 2006 sur la pauvreté des enfants et des familles au
Canada publié vendredi par Campagne 2000 apporte de nouvelles
preuves d’une augmentation de la pauvreté, y compris la
constatation que 34 % des enfants vivant dans la pauvreté font
partie de familles comprenant au moins un parent qui a travaillé à
plein temps pendant l’année entière.

Aujourd’hui, l’Association canadienne des banques alimentaires
publie le Bilan-faim 2006, qui met en évidence le fait troublant
que les personnes qui ont un emploi constituent le deuxième groupe
en importance à faire la queue aux portes des banques alimentaires.
Et le nombre des personnes qui font partie de ce groupe
augmente.

« Malheureusement, les conclusions décevantes
de ces deux rapports frappants ne nous étonnent pas », dit Ken
Georgetti, président du Congrès du travail du Canada. « Nos propres
recherches indiquent qu’environ 27 % des travailleurs et
travailleuses du Canada sont emprisonnés dans des emplois précaires
et doivent jongler avec des emplois à court terme, à temps partiel
ou à leur compte pour tenter de joindre les deux bouts. Ce qui est
encore pire, c’est que plus de 11 % d’entre eux ont des salaires
qui les maintiennent dans la pauvreté. »

« La déclaration faite jeudi dernier par le
ministre des Finances selon laquelle la situation de notre économie
est extrêmement bonne témoigne d’un grave refus de reconnaître ces
réalités. »

« Le gouvernement fédéral doit reconnaître que
le pays n’a pas remplacé les 300 000 emplois manufacturiers
éliminés depuis quatre ans. C’étaient des emplois à plein temps
très spécialisés qui rapportaient en moyenne 21 $ par heure. »

« Le pays a besoin d’une stratégie à long terme
sur l’emploi qui met l’accent sur la prospérité à long terme des
familles travailleuses et des communautés. Une stratégie qui met
l’accent sur l’investissement dans l’acquisition de compétences
pour accroître la productivité, qui consiste à voir à ce que tous
les ressorts aient des salaires minimums suffisants, qui favorise
un meilleur accès à la négociation collective et qui hausse les
normes d’emploi et permet de les mettre en application. »

« En tant que Canadien et que chef syndical, je
veux qu’aucune personne travaillant à plein temps dans mon pays ne
vive dans la pauvreté. C’est une question de décence morale,
sociale et politique. »