CTC – Des milliers de gens manifestent devant le Parlement

Des milliers de gens
manifestent pour exiger une stratégie de l’emploi « faite au Canada
– Une manifestation devant le Parlement attire l’attention sur la
crise de l’emploi dans le secteur manufacturier au
Canada.

OTTAWA – Des milliers de travailleurs et travailleuses ont
manifesté devant les édifices du Parlement aujourd’hui pour exiger
de l’action gouvernementale pour contrer la perte de plus d’un
quart de million d’emplois dans le secteur manufacturier depuis
cinq ans, dont cinquante mille depuis janvier.

Le pays perd encore des dizaines de milliers de bons emplois qui
paient des salaires permettant de faire vivre une famille parce que
le secteur manufacturier du Canada est en crise. Tout le monde le
ressent, mais au Parlement, jusqu’à aujourd’hui ils ne voyaient pas
la crise.

« En avril, j’ai mené un groupe de chefs
syndicaux à un mini-sommet avec le Premier ministre du Canada, le
ministre des Finances, le ministre de l’Industrie et le ministre du
Travail, afin de discuter de ces sujets. De toute évidence, cette
réunion a eu lieu parce que le Premier ministre et le gouvernement
fédéral voient les mêmes chiffres que nous et ils en surveillent la
progression. Toutefois, ils ne partagent toujours pas notre opinion
qu’il y a crise, » explique Ken Georgetti, président du Congrès du
travail du Canada, qui coordonnait la manifestation.

Depuis 2002, le Canada tout entier a perdu plus d’un quart de
million d’emplois dans le secteur manufacturier, près de un sur
dix. Ces emplois paient en moyenne 20,68 $ l’heure. Ces sérieuses
pertes d’emplois sont étroitement reliées au déficit croissant du
commerce des biens manufacturés au Canada et à la plus grande
pénétration du marché canadien et du marché américain pour les
biens manufacturés en raison des exportations des pays asiatiques à
bas salaires. Deux autres facteurs ont affaibli nos secteurs
manufacturiers : les prix élevés de l’énergie et la valeur élevée
du dollar canadien.

Statistique Canada a récemment conclu que les travailleuses et
les travailleurs canadiens qui ont trouvé un autre emploi après
avoir été déplacés par les fermetures et les mises à pied massives,
connaissent en moyenne une baisse de 25 % de leur salaire annuel,
ce qui représente environ une perte de 10 000 $ pour un travailleur
typique du secteur manufacturier. Étant donné la disparition d’un
quart de million d’emplois dans le secteur manufacturier, la perte
totale de gains au Canada se chiffre probablement aux alentours de
2,5 milliards de dollars par année. C’est pourquoi je dis, en toute
confiance, que nous ressentons tous cette crise.

« Lors de la réunion au bureau du Premier
ministre, nous avons proposé quelques mesures nécessaires et
réalistes que le gouvernement pourrait mettre en oeuvre. Nous nous
présentons sur la Colline aujourd’hui pour montrer les visages et
élever les voix des travailleurs et travailleuses qui exigent la
mise en oeuvre des mesures que nous proposons. Ce sont des femmes,
des hommes, des familles et des communautés qui vivent une
situation de crise, » dit Georgetti.

Selon Georgetti, le gouvernement doit élaborer un Plan d’action
national visant à :

  1. établir des stratégies sectorielles pour :
    • accroître le nombre d’industries à valeur ajoutée;
    • augmenter la productivité et l’investissement en capital et en
      ressources humaines;
    • établir des stratégies d’approvisionnement qui favorisent
      l’achat de produits fabriqués au Canada;
    • contrebalancer les effets du dollar très élevé;
    • stabiliser les coûts de l’énergie.
  2. Avec l’aide du mouvement syndical et du monde des affaires,
    convoquer des groupes d’étude sectoriels ou des sommets afin
    d’étudier ce qui peut être fait pour chaque secteur industriel
    particulier.
  3. Pour ajouter aux initiatives ciblées par le dernier budget
    fédéral pour accélérer la sortie du bilan de certains
    investissements, nous croyons qu’il y a d’autres mesures fiscales
    qui pourraient être prises pour favoriser des investissements
    majeurs dans les nouvelles usines et l’équipement.
  4. Établir un mécanisme semblable à celui de l’ancien Comité
    consultatif sur le commerce extérieur, pour entendre et considérer
    les préoccupations des travailleurs et des travailleuses ainsi que
    des entreprises en ce qui a trait aux ententes commerciales, parce
    qu’elles ont des répercussions majeures pour les travailleuses et
    les travailleurs canadiens.
  5. Modifier le programme de l’assurance-emploi pour donner toute
    sa valeur aux indemnités de départ que les travailleuses et les
    travailleurs reçoivent lorsqu’ils perdent leur emploi. Ceci
    aiderait à mitiger l’impact négatif de la perte d’emploi et
    réduirait grandement les difficultés financières.
  6. Adopter et appliquer les sections du « projet de loi C-55 – Loi
    sur le fonds de protection du salarié », adopté par le dernier
    Parlement – qui traitent de la protection des salaires et des
    pensions lorsqu’un employeur fait face à une restructuration ou une
    faillite.